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À vous, Tristan, mon véritable ami,
Que j’aimai et que j’aimerai
Aussi longtemps que je vivrai,
J’envoie cette lettre écrite avec amour.

À vous, Tristan, cher doux ami,
À la place de mon cœur j’envoie
Ma lettre qui vous dira
Qu’à tort vous êtes devenu mon ennemi.

Ami Tristan, votre éloignement
Me tue et m’arrache le cœur.
Si vous tardez, bientôt arrivera l’heure
Où la mort en vérité s’attaquera à moi.

Ami, si vous voulez me faire mourir,
Si vous voulez de chagrin me faire périr,
Restez au loin. Vous méritez bien mal
L’amour que je vous porte depuis si longtemps.

Ami, puisque vous tardez tant,
Sachez-le, vous m’arrachez douloureusement le cœur.
Je pleure et vous, vous ne pleurez pas.
Je meurs et vous, vous ne mourez pas.

Ami, vous que j’aimais par-dessus tout,
Vous que j’appelais de mes vœux plus que Dieu,
Je crains fort qu’à cause de votre absence
La mort ne vienne s’emparer de moi.

Ami, comment peut-il se faire
Que vous ne vouliez revenir auprès de moi?
Le monde n’a plus qu’à s’écrouler sous mes yeux
Puisque vous pouvez continuer à vivre sans moi.

Ami, le monde, me semble-t-il, va tout à l’envers
Puisque vous ne retournez pas
Vers moi ; aussi, revenez vite,
Cher ami, et ne restez pas loin de moi.

Ami, sans vous plus rien ne compte pour moi,
Sans vous, peu m’importe de vivre,
Vous êtes ma santé et mon salut,
Aussi plus de mille fois je vous salue.

Ami courtois, vaillant et plein de sagesse,
Pourquoi faire de la peine à celle qui vous aime?
Si jamais vous avez connu souffrance d’amour,
Ne m’envoyez aucun message, mais accourez!

« La lettre d’Yseut » 

Roman de Tristan en prose

(via eljido)

(Source : josyperso)

Panem et Circenses

Chapiteaux de verre

Sous soleil de fer

Le cirque vous accueille ravi

Urbi et orbi

Tour à tour

Rez de chaussée au sommet de notre tour

Admirez, applaudissez, offrez vos mines émerveillées

Et vos sourires extasiés

Nos clowns tristes en costumes hors de prix

Faisant le bonheur 

De nos féroces dompteurs

Maniant le fouet ou les diamants miroblants

Qui agitent nos plus talentueux contorsionnistes

Baignés de cette pluie de paillettes

Laissez nos divins charmeurs vous faire disparaître

Distribuant mensonges sous cape

Et illusions macabres

Ne sont-ils pas doués nos acrobates ? 

Toujours sur le fil, attendant le rasoir

Le barbant, cou tendu sur l’affûtoir

Regards noirs aux jongleurs en trompe-l’oeil

Valsant, pas de bourrée en (soubre)sauts de chat

Délicat

De duperie en imposture sous couvert de vanité a(ci)dulée

Chapiteaux mangés de rouille

Gare à tes appuis, attention qu’elle ne te souille

Random

Les yeux clos, bras à toute voile
Me laissant emporter sous tes étoiles
Trois petits souhaits pudiques
Que ma prose soit magique
Qu’elle te caresse du bout des lèvres
De ces journées, qu’elle t’accorde une trêve
Qu’elle ait l’éclat dans la nuit
De tes yeux lapis-lazuli
Qu’elle se fasse l’écho d’incantations anciennes
Comme quand, le souffle court, tu me fais tienne
Trois petits souhaits
Voilà bien qui me conviendrait

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